AP | 28.04.2007 | 12:03

François Bayrou a d'emblée prévenu Ségolène Royal samedi lors de leur face-à-face inédit qu'il n'annoncerait pas de "ralliement", répétant qu'il ne donnerait pas de consigne de vote le 6 mai. Un geste que la candidate socialiste a dit ne pas "attendre".

"De ce débat, il ne sortira pas de ralliement", a averti le président de l'UDF lors de ce débat sur BFM-TV. "Je ne vais pas me rallier à Ségolène Royal et Ségolène Royal ne va pas se rallier au centre. Ce n'est pas ça le sujet", a-t-il ajouté. "Je n'ai aucune intention d'entrer dans ce genre de jeu". Il a exclu toute tentative de "chercher des ralliements artificiels. Je ne le ferai pas".

"Si j'étais ici pour me rallier à Ségolène Royal, à l'instant même je briserai cet élan que j'ai essayé de créer", a-t-il justifié. "Je ne renoncerai ni aux idées ni à cette indépendance", a-t-il dit. "Je ne donnerai pas de consigne de vote pour le 6 mai".

"Nous ne sommes pas d'accord sur tout", avait d'abord commencé la candidate socialiste en ouvrant la discussion, préférant le terme de "dialogue" à celui de "débat". "Je ne demande pas à François Bayrou de me soutenir ou de prononcer un quelconque ralliement, ce n'est pas ça qu'attendent les électeurs. Je suis venue ici pour un dialogue sur le pacte présidentiel", a-t-elle assuré.

Pas question non plus, pour Ségolène Royal, de présenter cet échange comme une discussion entre partis politiques. Sur ce point, elle a dit avoir "une petite nuance" avec le centriste. "Nous ne parlons pas au nom des partis politiques", "il n'y a pas entre nous de tractations de couloir puisque ça se fait en toute transparence", a-t-elle souligné. "Je dépasse aujourd'hui les partis politiques".

La socialiste a redit vouloir travailler "à faire émerger des convergences d'idées" notamment sur la "rénovation de la vie politique". Il y a "des propositions qui sont émises qui peuvent montrer qu'il y a en France des rassemblements qui sont possibles", l'a appuyée François Bayrou.

"Rien n'est plus nécessaire dans la vie politique française que de faire bouger les lignes et d'adopter des attitudes qui soient moins coincées, moins antagonistes, moins conflictuelles", a-t-il dit.

Les deux anciens rivaux du premier tour, détendus, étaient assis à la même table, recouverte d'une nappe blanche, dans le salon de réception d'un grand hôtel parisien. Il s'agit d'un débat inédit sous la Ve République entre le deuxième et le troisième candidat du premier tour. "Un événement sans précédent", s'est félicitée Ségolène Royal. AP