Une juge d'instruction a décidé d'instruire une plainte contre X, déposée par la gérante d'un casino de Gironde. Cette dernière accuse l'ancien sélectionneur de rugby de chantage. Cependant, l'enquête judiciaire est bloquée pour l'instant. Explication.

Où l'on pourrait assister au retour de Bernard Laporte un jour sur le banc... des accusés. Une juge d'instruction a décidé d'ouvrir une enquête à l'encontre de l'ancien sélectionneur du XV de France, suite à une plainte déposée en mars pour «favoritisme». Françoise Néher, doyenne des juges du pôle financier parisien, a pris cette décision fin octobre contre l’avis du parquet, qui estimait cette plainte irrégulière juridiquement. Le favoritisme, qui concerne principalement les marchés publics, ne peut s’appliquer au cas d’espèce, soutenait le procureur. Ce dernier a fait appel et c’est donc la chambre de l’instruction qui devra trancher, dans un délai de plusieurs mois. Dans l’intervalle, aucun acte d’enquête et aucune audition ne peuvent en principe intervenir.

Dans cette affaire du casino de Gujan-Mestras (Gironde), la plaignante, Frédérique Ruggieri, propriétaire de cet établissement accuse l’ex-sélectionneur du XV de France d’avoir fait pression sur elle en 2005. Il aurait tenté d’obtenir des parts dans le capital de la société, juste avant l’ouverture du casino, en évoquant ses appuis politiques, notamment auprès de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, autorité compétente pour l’autorisation d’ouverture d’un casino et l’exploitation de machines à sous. N’ayant pas obtenu gain de cause, Bernard Laporte aurait, selon la plaignante, pris sa revanche en limitant les autorisations administratives pour l’exploitation de machines à sous.

Après les réquisitions défavorables du parquet sur le premier chef de plainte de «favoritisme», la plaignante a annoncé son intention cette semaine de déposer une nouvelle plainte sur les faits de «tentative d’extorsion de capital». Le parquet de Paris déclarait cependant vendredi ne pas avoir encore réceptionné officiellement cette nouvelle plainte. La rencontre Laporte-Ruggieri et la conversation sur le casino a bien eu lieu, confirme l’ancien coach des Bleus, mais il nie avoir fait pression. Il assure avoir fait de l’humour. «En déconnant, j’ai répondu ’donne-moi 10% et je te l’aurai ce rendez-vous (avec Nicolas Sarkozy, ndlr)», a-t-il dit à l’Equipe.

Ce problème pénal s’ajoute à l’enquête fiscale menée de longue date par Bercy sur des sociétés privées où le secrétaire d'Etat a des intérêts, dans la restauration et les casinos notamment. Le fisc dit dans un rapport soupçonner des faits d’abus de biens sociaux, de travail au noir et incrimine des mouvements de fonds suspects. Une nouvelle transmission au pénal est possible.

Dans un souci d'objectivité voici la suite, mais la justice tranchera

     

ernard Laporte, secrétaire d'Etat aux Sports et ancien entraîneur du XV de France, a l'intention de déposer une plainte auprès du Parquet de Paris contre Frédérique Ruggieri pour "dénonciation calomnieuse", a confirmé jeudi son avocat Me Jean-Pierre Versini.

Bernard Laporte a annoncé lui-même sa décision mercredi soir sur LCI, et la plainte pourrait être déposée dès lundi, selon l'avocat.

Frédérique Ruggieri, cogérante du casino de Gujan-Mestras (Gironde), avait elle-même déposé une plainte le 23 mars 2007, estimant avoir rencontré des difficultés anormales pour obtenir des licences d'exploitation de machines à sous.

Dans sa plainte, elle citait le nom de Bernard Laporte, à qui elle reprochait d'avoir proposé deux ans plus tôt son entregent auprès de Nicolas Sarkozy contre des parts dans l'établissement.

Dans un entretien à l'Equipe Magazine le 20 octobre, Bernard Laporte avait démenti avoir tenté de monnayer son entregent, évoquant une plaisanterie.

"C'est elle qui m'avait demandé de lui organiser une entrevue avec Nicolas Sarkozy (...) En déconnant, j'ai répondu 'Donne moi 10% et je te l'aurai ce rendez-vous'", avait-il affirmé.

Le même jour, le magazine révélait que Bernard Laporte était soupçonné par la Direction nationale d'enquêtes fiscales (DNEF) d'"irrégularités fiscales" dans des sociétés où il est associé.

Les services fiscaux ont depuis déposé plainte pour violation du secret fiscal.