17 janvier 2008

François Fillon exige plus de solidarité gouvernementale

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    François Fillon a reproché à plusieurs membres de son gouvernement d'étaler leurs divergences dans les médias.
    François Fillon a reproché à plusieurs membres de son gouvernement d'étaler leurs divergences dans les médias. Crédits photo : Le Figaro

    Le premier ministre a haussé le ton, mercredi en Conseil des ministres, et appelé son équipe à éviter les fautes de communication.

     

    Qui a dit qu'il n'y avait pas de premier ministre ? Ceux qui en doutaient, parmi les membres du gouvernement, l'ont appris mercredi à leurs dépens. François Fillon a en effet pris la parole en Conseil des ministres pour procéder à un ferme appel «à la cohérence de la communication gouvernemen­tale». Le chef du gouvernement a reproché à plusieurs ministres d'étaler leurs divergences dans les médias ou de commettre des fautes de communication. Dans le huis clos de l'Élysée, il a rappelé les règles de fonctionnement du gouvernement dans une intervention à la fois solennelle et inédite.

    Premiers visés : Christine Boutin (Logement) et Fadela Amara (Ville), qui s'affrontent, par médias interposés, sur le bien-fondé du futur plan «Banlieues». Le ministre du Logement a publiquement désapprouvé, dans un entretien à La Croix, le plan élaboré par sa secrétaire d'État, provoquant une belle pagaille gouvernementale sur laquelle surfe la gauche. «Fillon a en travers de la gorge l'interview de Boutin dans La Croix et la tribune d'Amara dans Le Monde», explique un membre du gouvernement. Il a d'ailleurs rappelé mercredi à ses ministres qu'ils devaient «faire relire» par Matignon ou l'Élysée leurs entretiens, au nom de la «cohérence de la communication gouvernementale». «“Faites attention de ne pas vous faire piéger”, nous a-t-il dit», rapporte un témoin.

    Mais le premier ministre a également ciblé Michèle Alliot-Marie. Il juge que le ministre de l'Intérieur a «mal géré» l'annonce de son plan «Sécurité» dans les quartiers. «Elle a ressuscité le débat sur la police de proximité et offert à la gauche un angle d'attaque. Il y a eu erreur de communication», déplore-t-on tant à Matignon qu'à l'Élysée.

    Dans son élan, François Fillon a aussi distribué des bons points en saluant la «complémentarité» entre le ministre de la Recherche et le ministre de l'Écologie, qui ont bien «conduit» le dossier OGM. En creux, certains ministres présents autour de la table y ont décelé une critique en direction de la majorité. Une large majorité de députés UMP (dont le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer) ont protesté contre la décision du gouvernement de suspendre la culture du maïs transgénique.

     

    «Répartition des rôles»

     

    Au lendemain de vœux offensifs et alors qu'il regagne du terrain dans les sondages, François Fillon a étonné ses ministres. «Ce fut un rappel à l'ordre tranquille sans hausser le ton. Mais on a tous compris», commente l'un d'eux. Une fois n'est pas coutume, le président a laissé son premier ministre admonester ses ministres et s'est contenté de cette phrase : «Je vous donne une liberté de parole, c'est à vous de l'utiliser correctement et à bon escient.» D'évidence, le duo avait mis au point, avant le Conseil, ce recadrage. «Le premier ministre est dans son rôle. Il y a une bonne répartition des rôles entre eux», avance un conseiller de l'Élysée.

    L'hyperprésident, en baisse dans les sondages (il perd six points dans l'enquête Ipsos-Le Point), aurait-il décidé de partager la lumière avec son premier ministre ? «Il joue clairement plus collectif depuis le début de l'année», confie un ministre tout en se félicitant du nouveau climat au sommet de l'exécutif. Cet acte d'autorité de Fillon prouve, huit mois après sa nomination, qu'il a effectivement, selon le mot d'un de ses amis, «trouvé sa boussole».

  • Bruno Jeudy  Le Figaro

Posté par C_H_A_T à 10:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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