05 février 2008

En matière de retraite, l'inégalité reste la règle

Le mode de calcul des retraites avantage doublement les femmes. D'abord, les mères de famille bénéficient de la validation de huit trimestres par enfant élevé, alors que le père n'a droit à rien. Elever cinq enfants équivaut ainsi à cotiser pendant dix ans.

Ensuite, le régime de retraite ne tient pas compte des différences d'espérance de vie. Pour la même durée de cotisation, les femmes recevront en moyenne une pension durant neuf années de plus que leurs compagnons.

Mais les retraites des hommes sont en moyenne deux fois plus élevées que celles des femmes. Aujourd'hui, 85 % des retraites (proches du minimum vieillesse de 300 euros) sont touchées par des femmes. Car leurs carrières professionnelles comportent, souvent, des périodes d'inactivité dues à l'éducation des enfants. "Parmi les plus de 40 ans qui font appel à nos services, près de huit femmes sur dix partiront à la retraite sans avoir leur taux plein", confie Dominique Prévert, associé d'Optima Retraite, société en optimisation de retraite.

Or c'est ce taux, multiplié par le salaire moyen de référence et ajusté d'un ratio rapportant le nombre de trimestres cotisés au nombre de trimestres requis (160 pour les personnes qui auront 60 ans en 2008, 164 pour celles qui fêteront cet anniversaire en 2012), qui permet de calculer le montant de la retraite.

Ne pas partir avec un taux plein minore le niveau de la pension, déjà amputée par un nombre de trimestres cotisés rarement suffisant. Pour espérer gagner plus, les femmes doivent donc travailler plus longtemps, toute fin d'activité à 65 ans accordant automatiquement le taux plein.

L'autre discrimination porte sur le montant du salaire de référence. A tâche équivalente, une salariée touche en moyenne 20 % de moins que son collègue masculin. En outre, les postes à temps partiel, moins bien payés, sont occupés à 80 % par des femmes. Leurs retraites seront donc plus faibles.

Seul avantage - à condition qu'elles soient mariées -, les femmes sont plus nombreuses à toucher une pension de réversion, car elles vivent plus longtemps. Le régime général accorde 54 % des droits du défunt à sa veuve, à condition que ses ressources ne dépassent pas 17 000 euros par an et qu'elle ait au moins 51 ans.

Les régimes complémentaires, type Arrco et Agirc, sont plus généreux. A partir de 55 ans, la veuve récupère 60 % de la pension de son conjoint, quels que soient ses revenus. Cela peut représenter des sommes considérables pour les cadres, ce type de régimes représentant près des deux tiers de leur pension. Seule obligation : passer devant M. le maire. "Pour les femmes, se marier est encore le meilleur moyen d'obtenir une retraite supplémentaire à coût zéro", explique M. Prévert.

M. Pe.

Le Monde Article paru dans l'édition du 07.10.07.

Posté par C_H_A_T à 18:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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