21 mars 2008

Patrick Devedjian président... des Haut-de-Seine

 

Après l'affaire Martinon à Neuilly lors des municipales, l'UMP des Hauts-de-Seine a échappé de justesse, jeudi 20 mars, à un nouveau psychodrame politique, cette fois-ci au conseil général à l'occasion de l'élection de son président. Deux fortes personnalités ennemies de longues dates, Patrick Devedjian et Isabelle Balkany ont, à tour de rôle, réglé leurs comptes.

 

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La fronde des époux Balkany a commencé la semaine dernière, à la veille de la défaite annoncée de l'UMP aux municipales. Alors que Patrick Balkany, député-maire UMP de Levallois, réclamait la tête de Patrick Devedjian, en tant que secrétaire général de l'UMP, son épouse Isabelle s'épanchait de son côté dans les médias locaux pour dénoncer "un malaise" qui régnerait au conseil général des Hauts-de-Seine présidé par le même Patrick Devedjian. La conseillère générale de Levallois parlait d'un "problème de gouvernance" du département, d'une "absence de concertation" et regrettait  :  "Les Hauts-de-Seine ont des possibilités financières que d'autres départements n'ont pas. Aujourd'hui, Patrick Devedjian nous explique qu'il faut nous recentrer uniquement sur nos compétences légales. C'est une rupture dans le mauvais sens du terme par rapport à la politique menée par Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy." Isabelle Balkany n'excluait pas, à ce moment-là, de se porter candidate à la présidence du conseil général et d'évincer du perchoir Devedjian grâce à une coalition d'élus mécontents de droite comme de gauche.

Alerté par ces rumeurs de putsch, Nicolas Sarkozy est intervenu personnellement pour éteindre ce premier incendie. Convoquant Patrick Devedjian et Isabelle Balkany dans son bureau, dimanche dernier, le président de la République persuadait l'élue de Levallois de reconduire M. Devedjian à la présidence du 92 et d'abandonner toute autre candidature UMP dissidente.

Jeudi matin, M. Devedjian était donc seul candidat pour l'UMP à briguer une seconde fois la présidence des Hauts-de-Seine. Elu à l'unanimité des voix de son groupe dans la matinée, la hache de guerre semblait définitivement enterrée. Mais lors de la réunion à huis clos pour désigner les vice-présidents, les susceptibilités se sont à nouveau enflammées. M. Devejdian a demandé à Mme Balkany de faire devant ses collègues son "autocritique" et de "rentrer dans le rang" si elle voulait retrouver son poste de vice-présidente. Ni une, ni deux, Mme Balkany, piquée au vif, a claqué la porte de la réunion et s'est précipitée au devant des journalistes pour se plaindre : "Devedjian est Mao Zedong ! Je suis punie parce que je l'ai critiqué. Ce sont des méthodes dépassées. Je ne m'y plie pas. Je suis une femme libre ! Je quitte le groupe UMP et je siégerai dans le groupe des non-inscrits !"

C'est encore de l'Elysée que sont intervenus les secours pour éteindre ce second incendie ! A 14 heures, Mme Balkany et M. Devedjian se sont enfermés dans un bureau pour s'expliquer autour d'un téléphone. Au bout du fil, Nicolas Sarkozy qui a imposé à l'une et à l'autre de se réconcilier. M. Devedjian aurait été sévèrement sermonné selon un témoin. A 14 h 30, tout sourire, les deux ennemis rejoignaient leurs collègues pour de joyeuses agapes : Mme Balkany était reconduite à la 4e vice-présidence et réintégrait le groupe UMP. "Patrick Devedjian est beaucoup plus bel homme que Mao Zedong", riait-elle. Les Hauts-de-Seine auront ainsi échappé à un embrasement général sous le regard incrédule de Jean Sarkozy qui faisait, hier, ses premiers pas de plus jeune conseiller général de France…

Jean-Pierre Dubois Le Monde.fr


      

Posté par C_H_A_T à 08:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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