09 avril 2008
Revenu de solidarité active: le député PS Montebourg craint son abandon
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AFP
Le député PS Arnaud Montebourg a estimé mercredi qu'en prévoyant de "calibrer" le Revenu de solidarité active (RSA) en fonction des finances de l'Etat, Nicolas Sarkozy avait signifié "l'abandon" de cette réforme portée par le Haut commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch.
M. Montebourg a reproché au chef de l'Etat, sur Canal +, de faire payer "la facture" du paquet fiscal "aux classes moyennes" et "populaires". "Quinze milliards gaspillés, des cadeaux pour les classes supérieures au mois d'août, au mois d'octobre M. Fillon annonce que l'Etat est en faillite, au mois de janvier M. Sarkozy dit que les caisses de l'Etat sont vides et maintenant il envoie la facture sur les classes moyennes et les classes populaires", a résumé le député de Saône-et-Loire.
Selon lui, la suite prévisible "c'est l'augmentation de la fiscalité". Concernant le Revenu de solidarité active, il a jugé que les propos du chef de l'Etat laissaient prévoir "l'abandon d'un programme sur lequel nous (les socialistes, ndlr) étions d'accord". "On a compris que s'il n'y a pas d'argent pour mettre en oeuvre ce programme important et ambitieux il n'y aura pas de réforme", a-t-il dit.
Mardi à Cahors, Nicolas Sarkozy a rendu les politiques sociales en partie responsables du déficit et de la dette. Il a prévenu que le RSA serait "calibré" en fonction des finances de l'Etat. A l'initiative du Haut commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch, le RSA est destiné à encourager le retour à l'emploi des bénéficiaires de minima sociaux en permettant le cumul des revenus de solidarité et des revenus du travail. Martin Hirsch veut le généraliser en 2009, ce qui coûterait entre deux et trois milliards d'euros.
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"Les dépenses sociales sont indispensables pour notre pays, mais si le poids des prélèvements obligatoires est tel que les emplois se délocalisent, ça crée des chômeurs en plus et ça fait exploser les dépenses sociales", a fait valoir le chef de l'Etat.
Quatre jours après avoir présenté la deuxième étape de sa politique de la modernisation des politiques publiques, destinée à réduire les dépenses de l'Etat, M. Sarkozy est venu dans le Lot, unique département à expérimenter, depuis un an environ, une nouvelle organisation de son administration, pour y prononcer un discours sur "la réforme de l'administration territoriale de l'Etat". Mais cette visite lui a aussi donné l'occasion de durcir le ton sur les politiques sociales, qui, selon lui, ne peuvent continuer ainsi à alimenter le déficit et la dette".
"Transmettre à nos enfants la facture de nos dépenses de santé et de retraite, via la dette, alors même que la population française vieillit est profondément immoral. Nous reviendrons à l'équilibre de nos régimes sociaux, là encore par la réforme", a-t-il promis, lors de son discours prononcé devant quelque 500 fonctionnaires du Lot. Selon lui, "il ne peut pas y avoir une société dans laquelle il y a des droits sans contreparties de devoirs".
Devant les journalistes, il est longuement revenu devant la presse sur le Revenu de solidarité active (RSA), actuellement en préparation et raison pour laquelle Martin Hirsch, ancien président d'Emmaus France classé à gauche, avait accepté d'entrer au gouvernement. Le RSA est "une idée extrêmement intéressante", a jugé M. Sarkozy, mais "il faut le calibrer en fonction des disponibilités financières qui sont les nôtres", a-t-il dit. Le RSA comme la fusion des minima sociaux "sont des engagements que j'ai pris et que je tiendrai. Ce ne sont pas les plus faciles, ce n'est pas pour ça qu'il ne faut pas les faire", a-t-il martelé.
Le RSA garantit à un allocataire de minima social une augmentation de ses revenus lorsqu'il trouve un emploi. Il est actuellement expérimenté dans trente-quatre départements. Martin Hirsch veut le généraliser en 2009, ce qui coûterait entre deux et trois milliards d'euros. Mais Le Figaro affirme de source gouvernementale que le coût du RSA "devra tourner autour d'un milliard d'euros".
Ce sera "un RSA un peu différent de celui imaginé par Martin Hirsch", selon cette source, car "Matignon veut +le calibrer et le reconfigurer+ et exclut qu'il soit pérenne, c'est-à-dire qu'il puisse être versé à quelqu'un ad vitam aeternam". Pressentant les difficultés auxquelles il pourrait se heurter pour imposer son idée phare, M. Hirsch a de son côté affirmé, également mardi, dans Le Pélerin qu'il ne voulait pas d'un RSA "au rabais", tout en convenant qu'il n'avait pas reçu l'assurance d'avoir le budget souhaité.
Dans le Lot, où il s'est félicité de "l'expérience absolument remarquable" qui y est menée pour réorganiser les services administratifs, le président a souhaité que cette expérience "essaime dans la France entière". Quelques centaines de personnes ont manifesté contre sa venue dans le centre ville, quadrillée par un déploiement inhabituel de forces de l'ordre.
LEXPRESS.fr
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