08 avril 2008
La flamme à Paris :«On a été dépassé par la détermination des manifestants»

La «bulle» de sécurité qui entourait la flamme olympique, réfugiée dans le bus, lundi à Paris. (Photo Reuters)
Pourquoi la police a-t-elle confisqué les drapeaux tibétains pendant le passage de la flamme dans les rues de Paris? La réponse d’Henri Martini, secrétaire général de l’UNSA-Police.
Propos recueillis par Alexis Danjon
LIBERATION.FRAu lendemain du passage de la flamme olympique à Paris, une question concernant l’attitude de la police pendant la manifestation est sur toutes les lèvres: pourquoi a-t-elle confisqué les drapeaux tibétains au long du parcours? Réponse d’Henri Martini, secrétaire général de l’UNSA-Police.
Pendant le passage de la flamme à Paris, des policiers confisquaient les drapeaux aux manifestants pro-Tibet. Est-ce légal?
Ils étaient dans leur droit. Si les policiers l’ont fait, c’est par
prévention, pour éviter tout débordement. Je m’explique: les drapeaux,
avec leur hampe, peuvent être des armes. Pour les tenir, il y a des
morceaux de bois, et quand les rassemblements dérapent, il arrive que
les manifestants s’en servent contre les forces de l’ordre. C’est ce
que l’on appelle une arme par destination.
Les policiers ont-ils reçu des consignes spécifiques pour agir ainsi?
Les
consignes ont été les mêmes qu’à chaque manifestation de ce type: faire
en sorte d’éviter tout débordement. Il est vrai que dans ce cas précis,
c’était plus compliqué. Il fallait protéger un objet, la flamme
olympique, de la même manière qu’un chef d’Etat, mais aussi faire en
sorte que le public puisse profiter de cette manifestation universelle
en voyant la flamme. Tout en évitant que des manifestants l’éteignent
ou s’en emparent. L’autre grosse difficulté de la journée, c’est que la
police n’avait pas la main mise sur toute l’organisation de la journée.
Il fallait respecter les demandes de la délégation chinoise, ce qui a
rajouté une pression supplémentaire. Ce sont d’ailleurs eux qui ont
décidé d’abréger le parcours et d’arrêter les relayeurs.
Comment expliquer alors l’attitude des forces de l’ordre pendant le passage de la flamme?
Il faut être sur le terrain pour appréhender le contexte d’une
manifestation. Il ne faut pas qu’il y ait de surenchère, ni des
policiers, ni des manifestants, pour la situation ne dégénère pas.
Hier, on est toujours resté à la limite. On savait ce qui nous
attendait, vu la longueur du parcours et le contexte dans lequel se
déroulait cette journée. Mais on a été dépassé par l’ampleur de la
détermination des manifestants.
JO: les gardiens chinois de la flamme attisent la polémique
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HONG KONG (Reuters) - Depuis son embrasement il y a deux semaines en Grèce, la flamme olympique est suivie par un cortège de critiques, qui s'attachent également à son escorte athlétique d'agents de sécurité chinois en survêtement bleu et blanc.
Ces vigiles soigneusement sélectionnés, ressemblant à la fois à des athlètes médaillés pour leur stature et à des agents des services secrets pour leur visage impassible, leurs lunettes noires et leurs oreillettes, ne s'éloignent jamais de la torche au long de son "voyage harmonieux", selon le terme du comité organisateur chinois.
Le parcours de la flamme, initialement censé symboliser l'unité et la paix dans une ambiance de fête, s'est transformé à Londres puis à Paris en parcours d'obstacles dans lequel les relayeurs tentent d'esquiver manifestants, jets d'eau et extincteurs derrière un cordon de policiers.
Lundi à Paris, les vigiles chinois ont à plusieurs reprises nerveusement éteint la torche avant de la mettre à l'abri dans un bus dès que les manifestants se faisaient trop nombreux.
Leur gestion vigoureuse des relais leur a valu plusieurs critiques à Londres, où le président du comité d'organisation des JO 2012, Sebastian Coe, les a qualifiés de "voyous", selon les médias britanniques.
La présentatrice télévisée britannique Konnie Huq, qui participait au relais de Londres, les a décrits comme agressifs.
"Ils étaient très robotiques, vraiment à fond, et je les ai vus se disputer avec nos policiers et les responsables olympiques avant notre segment du relais, c'était perturbant", a-t-elle déclaré à BBC Radio 4.
"Ils aboyaient des ordres dans ma direction: 'Cours! Stop!', et je me disais 'mon Dieu, mais qui sont ces gens?'", a-t-elle rapporté au Daily Mail. "Quand je portais la torche, ils n'arrêtaient pas de pousser ma main vers le haut. Il étaient... intéressants."
UNITÉ ENVOYÉE AU TIBET
Le Premier ministre australien Kevin Rudd a annoncé que la sécurité de la flamme, lorsqu'elle passerait à Canberra, serait uniquement assurée par la police australienne. Selon le journal The Age, la présence de "gardiens de la torche" chinois est cependant toujours envisagée.
Mais qui sont au juste ces gardiens ?
La "section de protection de la flamme", employée par le comité organisateur olympique de Pékin, a été chargée en août 2007 de défendre la flamme 24 heures sur 24 tout au long du parcours international de 137.000 km, indiquent les médias chinois.
Ses membres sont issus de la Police armée du peuple, chargée des missions civiles anti-émeutes au sein de l'armée chinoise. Plusieurs dizaines de milliers de ces hommes, les "wujing", ont récemment été envoyés au Tibet et dans les provinces voisines afin d'y réprimer les manifestations et les émeutes.
"Chacun de ces hommes, choisis dans tout le pays, est grand, fort, éminemment talentueux et puissant", dit d'eux leur chef, Zhao Si. "Leur remarquable condition physique n'a rien à envier à celle d'athlètes de haut niveau."
Deux équipes ont été formées. La première, forte de trente hommes, suit la torche dans la partie internationale du relais. Une quarantaine d'autres gardes la suivront à travers les provinces chinoises, dans la dernière partie du voyage de la flamme olympique avant son arrivée à Pékin le 8 août, pour l'ouverture des Jeux.
Selon le site gouvernemental chinois www.china.com.cn, ces vigiles s'entraînent en courant 10 km par jour en montagne et suivent des cours de civilisation étrangères et d'anglais, de français, d'allemand, d'espagnol et de japonais. Un autre site internet assure que le plus petit d'entre eux mesure 1,90m.
Version française Gregory Schwartz
Flamme olympique: ce qui s'est vraiment passé à Paris
Lors du mémorable et pathétique parcours de la flamme olympique à Paris, lundi, les télés, tenues à l'écart par les policiers, les officiels et la foule, n'ont pu tout montrer... Que s'est-il vraiment passé? Le vrai et le faux.
Des projectiles ont été lancés contre les athlètes: vrai
Au stade Charléty, Christophe Dominici confiait à LEXPRESS.fr déplorer que les porteurs de la flamme aient reçu de l'eau et des yaourts durant le parcours. Le bus où était réfugié la flamme aurait par ailleurs essuyé des jets de pierre. Les images les plus choquantes ont concerné les athlètes en fauteuil roulant - une jeune Chinoise et le pongiste français Emeric Martin - assaillis par des manifestants pro-Tibet ou s'abritant d'une pluie de projectiles variés. Triste spectacle...
La torche ne s’est jamais éteinte: faux...
...
même si Qu Xing, le numéro 2 de l’ambassade de Chine à Paris, qui
s'était déjà illustré en comparant le soulèvement tibétain aux
violences urbaines de novembre 2007 à Villiers-le-Bel, affirme le
contraire... Interrogé sur le fait que l’on a vu à la télévision des
agents de sécurité chinoise étouffer la flamme, il répond: "Non, moi je
n’ai pas vu cela. Je ne pense pas qu’elle ait été éteinte". Une fine
flammèche aurait-elle continué à brûler, invisible aux yeux des autres
téléspectateurs? On peut en douter. La préfecture de police de Paris
explique que la torche a bien été soufflée, à cinq reprises au total.
D’abord en raison d'une "défaillance technique", puis quatre fois pour
être mise à l'abri dans un bus, "pour des raisons de sécurité", à la
demande des représentants du Comité d'organisation des Jeux de Pékin.
Charles Platiau/Reuters
Des manifestants à Paris.
Douillet a dû défendre son badge pacifiste: vrai
Selon L'Equipe,
l'ambassadeur de Chine en France, Kong Quan, a menacé de faire arracher
le sage badge "Pour un monde meilleur" arboré par les porteurs de la
flamme si le Comité national olympique et sportif français ne leur en
interdisait pas le port. Ce à quoi David Douillet a répondu: "Ils n'ont
qu'à essayer de me l'enlever et ils vont voir ce qui va leur arriver!"
L’ex-judoka s'est donc affiché avec son slogan pendant son relais, tout
comme la plupart des autres athlètes français.
Les policiers français ont été plus violents que les bobbies britanniques: vrai et faux
Le
parcours de la flamme à Londres a été moins perturbé qu’à Paris. Les
bobbies anglais estiment n’être intervenus qu’une "petite quarantaine"
de fois et annoncent une dizaine d'interpellations. Le bilan est plus
lourd côté français: la police a dû immobiliser de manière musclée plus
d’une centaine de manifestants, à cause de "l’amateurisme des officiels
chinois" qui n’ont pas su gérer la situation, selon Joaquin Masanet,
secrétaire adjoint du syndicat Unsa-Police, entendu sur RMC.
Mais seules 18 personnes ont été interpelées. Quant à la violence des
immobilisations, elles sont proportionnelles à la passion des
manifestants: "Comment voulez-vous les évacuer dans le calme?"
s'interrogeait Joaquin Masanet. Question violences, d’après les
nombreuses vidéos Internet et reportages télévisés, les policiers des deux capitales ont fait match nul.
Les policiers ont usé de peinture contre les drapeaux tibétains: vrai
D'après les témoignages de certains manifestants, les policiers présents lors du passage de la flamme ont usé de méthodes pour le moins radicales. C'est ce qu'affirme Antoine, notamment, qui a fait parvenir ce message à 20minutes.fr: "Bonjour, je reviens juste du parcours de la torche et je peux vous dire que les forces de l'ordre n'ont rien à envier aux méthodes chinoises!!! J'avais un tee shirt avec l'inscription: libérez le Tibet! et le drapeau au dos et ils ont commencé à me le peindre avec de la peinture blanche puis ils me l'ont arraché et je suis rentré torse nu chez moi!! Bravo la justice, bravo la libre expression et vive la liberté!!!»
Reporters sans frontières s'est également indigné après que les forces de l'ordre ont confisqué aux manifestants des banderoles RSF où les anneaux olympiques prennent la forme de menottes ou la Une de Libération "Libérez les JO!" Ce même Libération qui, dans un article daté de ce mardi, relate la fouille des sacs par les autorités et la confiscation des banderoles anti-chinoises. Le quotidien cite le témoignage de Jacques, un manifestant indigné: "C'est incroyable, ils m'ont confisqué le petit drapeau tibétain. C'est quand même pas une arme ce drapeau, non!" Devant l'Assemblée nationale, les policiers ont également confisqué les drapeaux tibétains de certains manifestants venus se joindre aux élus.
LEXPRESS.fr
04 avril 2008
Royal relance le débat participatif en vue du congrès du PS

Les questions posées pourront être modifiées ou complétées dans une premières phase de la consultation (Reuters).
L’ex-candidate socialiste lance via Internet une «consultation participative» des adhérents PS qui doit aboutir cet été. Dix questions sont posées.
Liberation.fr (avec source AFP)
Après le «débat participatif», Ségolène Royal lance…la «consultation participative».
Par pour 2012 – pas encore – mais pour le congrès du PS de novembre
prochain. Une consultation, via Internet, des adhérents socialistes. Le
site doit être disponible dans les prochains jours.
La consultation, placée sous le titre général: «Comment le congrès du PS peut être utile aux Français», doit aboutir cet été au dépôt d'une «contribution», stade préalable aux motions soumises au vote des adhérents, précise le texte paru dans Le Monde daté de samedi.
La «consultation participative» de Ségolène Royal s'appuie sur dix questions de fond, que les socialistes doivent «trancher»,
et qui pourront être modifiées ou complétées par les adhérents du PS
dans une première phase de la consultation. Première question: «Il
faut sortir du fossé entre un discours pseudo-révolutionnaire dans
l'opposition et un conformisme économique au pouvoir: de quelle façon ?».
Parmi les autres thèmes abordés: «Comment produire et
répartir autrement la richesse?», «Quels contre-pouvoirs dans
l'entreprise?», «Comment rompre avec la redistribution passive et
bureaucratique comme principal moyen de s'attaquer aux injustices
sociales?», «Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays?».
La dernière question concerne le PS lui-même, qui doit «intégrer
toutes les nouvelles formes de militantisme et d'engagement citoyen,
ainsi que les réussites du travail des élus locaux», et «doit
aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective».
«Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement?», interroge l’ex-candidate PS de la dernière présidentielle. Réponse d'ici l'été, donc.
30 mars 2008
Une heure pour la Terre: moins de lumière, pour l'environnement
© Reuters
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L'opéra de Sydney et le Golden Gate dans la baie de San Francisco ont été plongés dans les ténèbres, samedi, dans le cadre de l'opération Une journée pour la Terre qui consistait à éteindre pendant une heure dans le monde entier les lumières, dans un souci d'économie d'énergie et de préservation du climat mondial.
Plus de 380 villes et 3.500 entreprises, réparties dans 35 pays, avaient prévu de participer à cette deuxième édition de l'opération, dont la première fut lancée en 2007 à Sydney, la plus grande ville d'Australie.
L'opération a commencé à Suva, aux îles Fidji, et à Christchurch en Nouvelle-Zélande.
"Une journée pour la Terre montre que chaque jour, des gens sont prêts à agir ensemble pour trouver une solution aux changements climatiques. Cela peut être fait", a déclaré James Leape, de l'organisation écologique WWF, qui coordonne l'opération.
A Copenhague, le parc d'attraction de Tivoli et le palais royal, tout comme l'opéra, ont été plongés dans l'obscurité, ainsi qu'un grand nombre d'éclairages de rue.
A Budapest, il en a été de même pour le château, la cathédrale et le parlement au bord du Danube.
En Grande-Bretagne, 26 villes avaient déclaré participer à l'opération.
L'opération est passée ensuite de l'autre côté de l'Atlantique, aux Etats-Unis et au Canada, où la CN Tower, haute de 553 mètres, à Toronto, tout comme le skyline environnant ont été plongés dans le noir.
Des lieux célèbres comme le Golden Gate à San Francisco et la Sears Tower de Chicago se sont associés à l'événement.
La troisième édition aura lieu le 28 mars 2009.
Jeremy Lovell et Eric Auchard, version française Eric Faye
Estrosi : l'UMP est "une armée mexicaine, sans véritable chef"
NOUVELOBS.COM
L'ancien secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer poursuit ses critiques sur son propre parti, "un machin snob", en s'en prenant particulièrement au secrétaire général Patrick Devedjian.

Christian Estrosi (Sipa)
L'ancien
secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer Christian Estrosi, récemment
élu maire de Nice, s'en prend une nouvelle fois, dimanche 30 mars, à
son parti, l'UMP, dans lequel il voit désormais "un machin snob" et
"une armée mexicaine, sans véritable chef".
Dans une interview que publie Le Journal du dimanche,
Christian Estrosi, que l'on dit proche de Nicolas Sarkozy, estime que
le parti au pouvoir s'articule autour d'un "organigramme, qui empile
les fonctions et titres, et dont je ne connais toujours pas les règles
de fonctionnement".
"A force de devenir un machin snob, l'UMP n'est plus audible. Ses
messages sont confus, brouillés", ajoute-t-il un peu plus loin dans
l'interview.
"Ces nombreuses nominations sont faites pour faire plaisir à tout le
monde, mais outre que je ne fais pas partie des gens à qui il faut
donner quelque chose pour qu'ils soient contents, l'UMP ressemble
désormais à une armée mexicaine, sans véritable chef. Tout ce beau
monde va se marcher sur les pieds".
Devedjian, particulièrement visé
Christian Estrosi reproche notamment à Patrick Devedjian, secrétaire
général de l'UMP, de ne pas faire évoluer le parti après la défaite
qu'il a subie aux municipales et cantonales de ce mois-ci.
"Patrick pouvait s'interroger sur son action. Sur ses résultats. Il n'a
donné aucun signe qu'il allait changer de 'ligne'. En est-il seulement
capable?", s'interroge-t-il.
Selon lui, "au lendemain de ces municipales, il fallait au parti majoritaire un électrochoc" qui lui a fait défaut.
Dans un entretien accordé au magazine L'Express paru jeudi, Christian Estrosi critiquait déjà durement l'UMP et Patrick Devedjian.
"Nous ne faisons plus bouger aucune ligne, nous ne portons plus aucun
message, nous n'apportons plus aucune proposition concrète",
déplore-t-il dans les colonnes de L'Express. (avec Reuters)
29 mars 2008
Chez Dati, c’est pas ceinture

(Reuters)
A force de petits-fours, la garde des Sceaux a grevé le budget réceptions de son ministère.
ALAIN AUFFRAY Libeblog
Finalement, ça l’intéresse. Samedi matin, la ministre de la Justice, Rachida Dati, se fera élire maire du VIIe arrondissement de Paris. Une formalité, sauf peut-être pour le maire sortant, Michel Dumont, qui figurait en deuxième position sur la liste UMP : eu égard à la lourde charge ministérielle de la tête de liste, il pouvait espérer récupérer son fauteuil de maire. C’est aussi, d’ailleurs, ce qu’avaient aussi cru comprendre, pendant la campagne, de nombreux électeurs de l’arrondissement. Mais non. La mode est au cumul. Comme beaucoup de ses collègues ministres, Dati a donc choisi de cumuler. Désormais, promis, elle consacrera tous ses samedis au VIIe arrondissement de la capitale et à ses prospères habitants.
Entre le Champ de Mars et l’esplanade des Invalides, la protégée du Président espère se construire une légitimité politique, contre ceux qui guettent ses faux pas. Dans l’entourage de Dati, on n’a pas de mots assez durs pour dénoncer «les coups bas» et «les vacheries» de tous ceux que dérangeraient son parcours hors norme.
Dérapage. Selon un proche, la publication mercredi sur le site Mediapart d’informations relatives au train de vie de la chancellerie participe de cette conjuration. Le contrôleur financier du ministère de la Justice s’est inquiété du dérapage des frais de réception depuis juin. En décembre, le plafond des dépenses autorisées était dépassé de 30 %. Jeudi, Guillaume Didier, le porte-parole de la chancellerie, a confirmé qu’une rallonge de 100 000 euros avait été octroyée à l’automne, justifiée par l’organisation de réceptions telles que celle du 13 juillet, veille de la fête nationale. Une performance qui pourrait être dépassée en 2008 : plus de la moitié des 200 000 euros alloués avaient déjà été dépensés fin mars ! Mais la chancellerie a démenti qu’une seconde rallonge de 100 000 euros était dans les tuyaux. Démentie également, l’existence d’une «prise en charge de dépenses personnelles» évoquée par le site. «On ne peut pas qualifier le fait d’avoir un collant de rechange et un peu de maquillage pour faire un raccord avant une interview de dépense personnelle !» s’insurge Didier. Pour l’entourage de Dati, l’évocation médiatique des «affaires de toilette» de la ministre est la preuve d’intentions malveillantes. «Beaucoup disaient qu’elle allait quitter son ministère. Elle y est en fait confirmée et avec un bilan positif. Cela suscite fatalement des jalousies politiques», souffle un proche.
«Simplicité». Le 13 mars, des syndicats avaient accusé la ministre de travailler «au service de sa propre image». Pour fêter (avec retard) la Journée des femmes, Dati avait invité 230 femmes du monde judiciaire, avec billet aller-retour en première classe. «Comme tous les buffets de la chancellerie, c’était d’une très grande simplicité», avait relativisé le porte-parole du ministère. Dati ne conteste pas la très forte hausse des frais de réception depuis juin. Elle assure que c’est le prix à payer pour renforcer notamment «la présence de la justice française en Europe». Outre ses homologues de l’UE, la ministre fait savoir que si elle reçoit beaucoup, c’est parce qu’elle a choisi de «faire de la chancellerie une chancellerie ouverte». Ouverte et généreuse.
28 mars 2008
God save Sarkozy
God save Sarkozy
Après Disneyland, le château de Windsor. Rien ne sera épargné
à une République régulièrement grimaldisée par son tenancier. “Visite
de Carla Bruni et de son compagnon à la reine” titre le site Rue 89 non
sans justesse. Heureusement il faut faire cour(t). Bon prince
M. Sarkozy a emmené dans sa suite Rama Yade, Rachida Dati et Dadou, sa
maman, histoire de mieux partager son bonheur. Difficile quand même de
se faire à cette soi-disant nouvelle façon de faire de la politique. La
queue de pie ne fait pas le gentleman même si pour une fois il n’a pas
envoyé de SMS sous le nez de la reine.
L’élégante tenue façon année 50 ne fait pas plus Jackie Kennedy. Autre temps autre mœurs. La défunte first lady n’étalait pas son corps dénudé dans les pages glacées des magazines. Elle n’envahissait pas plus les petits écrans de ses concitoyens à travers de lucratives publicités pour une marque automobile. Sans être désobligeant, Carla Bruni dans son comportement présente plus de similitudes avec la sulfureuse Marilyn Monroe.
C’est là tout le problème de Nicolas Sarkozy, afficher un penchant affirmé pour des marques de luxe avec un esprit de nouveau riche. On connaissait les tics nerveux de Sarko, il faut désormais lui faire crédit de son toc. Il a un comportement qui n’a rien de présidentiel, alors, il se travestit. Son voyage londonien lui donne l’occasion de “faire” président. Lui qui n’a eu de cesse de rejeter le protocole républicain, de fouler au pied la tenue qui sied à un président de la République, se fond dans un cérémonial britannique suranné, le plus solennel au monde.
Nicolas Sarkozy est volage. Invité à s’exprimer devant le Parlement de Westminster, il a de fait tourné le dos à Angela Merkel, trop rigide et stricte, insensible à ses avances pour tenter de séduire, en ne ménageant pas ses peines, la perfide Albion. Manque de retenue, manque de références historiques, Nicolas Sarkozy n’a d’yeux que pour le modèle anglo-saxon. Son libéralisme, ses sucess story. On voudrait nous faire croire que l’opinion publique britannique est béate devant le président français. La présentation retenue par la majorité de la presse française est tronquée, orientée.
Comme le rappelle le quotidien suisse Le Temps “Pourtant, l’image du président s’est presque dégradée plus vite en Grande-Bretagne que dans son propre pays. Il y a un an, il était décrit comme un réformateur ambitieux, qui ferait entrer une France ossifiée dans le XXIe siècle. Aujourd’hui, il est tourné en dérision par la presse britannique qui voit en lui un être vibrionnant et peu sérieux, “speedy Sarko”.
« La France ne veut pas d’un type à la fois ordinaire, caractériel et flamboyant à l’Elysée », écrivait le Times hier. Le Daily Mail relève que c’est ”la première fois que la photo de la femme nue d’un chef d’Etat en exercice (est) vendue à des fins commerciales” et s’étonne que des autocollants aient été rajoutés sur les disques rappelant que la chanteuse était en week-end à Windsor. Le Guardian lui joue les ingénues : “Pourquoi toutes les femmes au gouvernement sont-elles jolies ? (...) Une féministe serait en droit de se demander où sont les moches ? (...) Pourquoi ne sont-elles pas au gouvernement ?”.
Ce n’est pas parce que les tabloïds se vautrent dans le people, le casting Elite de la délégation française, la minceur et la coquetterie des ministres qui accompagnent Nicolas Sarkozy, la beauté de sa femme, que le fond a changé. Attention à la beauté du diable, aux beaux parleurs, aux publicités tapageuses. Le charme a les limites de la raison.
Il y a peu de chance que derrière le parcours enflammé devant le Parlement, demain les choses changent concrètement. L’effet insulaire joue a plein. La Grande-Bretagne demeure le cheval de Troie des Etats-Unis dans la construction européenne. Depuis de Gaulle, les choses ont peu évolué si ce n’est l’abandon par Nicolas Sarkozy d’une vision, d’une certaine idée de la France. Sous prétexte de pragmatisme, le chef de l’Etat a délibérément fait le choix d’un alignement sur Washington qui aujourd’hui ouvre les portes à un rapprochement avec le Royaume-Uni. Le gaullisme a vécu.
Henry Moreigne
27 mars 2008
Le nom de Sarkozy serait cité dans l'affaire Hamon
NOUVELOBS.COM | 27.03.2008 | 14:41
Une lettre signée par Nicolas Sarkozy, lorsqu'il était président du conseil général des Hauts-de-Seine, serait apparue dans le dossier judiciaire de l'affaire Hamon, qui porte sur des détournements de fonds publics.

Nicolas Sarkozy (AFP)
Selon Me Philippe Gumery, la lettre signée par le chef de l'Etat le 13 octobre 2004, à l'époque où il était à la tête du conseil général des Hauts-de-Seine, atteste de sa connaissance du dossier Hamon.
Mise en examen de Santini
André Santini, le secrétaire d'Etat à la fonction publique, est mis en examen pour "prise illégale d'intérêt", "faux et usage de faux" et "détournement de fonds publics" à l'occasion de la création avortée en 2004 de la fondation d'art contemporain Hamon.
Pour Me Philippe Gumery, les faits reprochés à André Santini pourraient aussi concerner Nicolas Sarkozy.
L'avocat demande, en outre, l'audition de la garde des sceaux, Rachida Dati, qui fut directrice générale adjointe des services du conseil général des Hauts-de-Seine.
La cour d'appel de Versailles devrait se prononcer, vendredi 28 mars, sur un complément d'information réclamé par Me Philippe Gumery.
21 mars 2008
Patrick Devedjian président... des Haut-de-Seine
Après l'affaire
Martinon à Neuilly lors des municipales, l'UMP des Hauts-de-Seine a
échappé de justesse, jeudi 20 mars, à un nouveau psychodrame politique,
cette fois-ci au conseil général à l'occasion de l'élection de son
président. Deux fortes personnalités ennemies de longues dates, Patrick
Devedjian et Isabelle Balkany ont, à tour de rôle, réglé leurs comptes.
