Les Chinois attendent "la rose de FRance"
il
y a un mois, le quotidien «Wenhui Bao» décrétait que Ségolène Royal
n’avait pas l’étoffe d’un président de la République, car elle ne
s’était «jamais rendue en Chine». Eh bien non seulement la critique
n’aura plus lieu d’être d’ici la semaine prochaine, mais c’était bien
l’une des seules faite à l’encontre de la candidate dans les médias chinois.
Car depuis qu’elle a été choisie à l’investiture socialiste, Ségolène
Royal a plutôt bonne presse dans les colonnes ici, et devrait être bien
accueillie ce week-end, alors qu’elle entame une visite de quatre
jours, invitée par le Parti communiste.
Surnommée «La Rose de France» par la télé chinoise CCTV, elle a même été qualifiée de « sexy» par l’«Oriental Morning Post» qui la donne gagnante…
Juste avant Noël, le «Xinjing Bao» lui a même fait une dédicace
spéciale. Tout en conseillant au «vieux roi», le si populaire Jacques
Chirac, de ne pas se représenter, le quotidien caricaturait «la
nouvelle Royale» sous les traits d’un drapeau français au visage de
femme, béret sur la tête et verre de vin à la main.
Les
Chinois apprécieront de toute façon qu’elle se rende sur la Grande
muraille dimanche, ou à la Cité interdite, lundi, deux lieux qui font
leur fierté.
Sur les rencontres de haut niveau qu’elle
devrait faire, on sait seulement pour l’instant qu’elle rencontrera
dimanche matin un haut membre du Parti communiste, l’équivalent du
ministre en charge des Affaires internationales.
Ségolène
Royal a demandé à rencontrer le président Hu Jintao et le ministre de
l’Ecologie, mais son programme est encore en cours d’élaboration. «Elle
veut évoquer les problèmes liés à la mondialisation et à
l’environnement, deux domaines dans lesquels la Chine prend un poids
très important et a des conséquences sur l’ensemble du monde», a
expliqué son directeur de campagne, Julien Dray.
Reste que
Ségolène Royal devra veiller à ne pas faire de faux pas, dans un pays
toujours traité avec bienveillance par les diplomates. Avant de partir
vendredi, elle a déjà dit qu’elle ne se poserait pas «en donneuse de
leçon», que ce soit en ce qui concerne l’écologie ou les droits de
l’homme. C’est peut-être la meilleure façon de plaire aux Chinois, mais
peut être pas celle d’éviter les critiques françaises.
| A Shanghai, de notre correspondante Caroline Dijkhuis 20 Minutes |