15 octobre 2007

L’éco citoyenneté commence dans notre jardin.

Le volume des déchets, produits par notre consommation, est de plus en plus important. Le coût aussi. Les déchets que nous jetons et que les éboueurs ramassent sont compostés et revendus sous forme de terreaux. Si nous ne sommes, que, consommateurs, nous payons deux fois. D’une part les taxes pour les ordures ménagères et d’autre part chez les revendeurs.

Pourquoi ne pas composter nos déchets afin de réduire le volume des ordures ménagères (environ 50%) ? Cela contribuera à la préservation de notre environnement. En effet, le compost fourni une source importante et gratuite d’amendement organique aux sols. Il améliore la capacité de rétention en eau et la porosité du sol tout en contrôlant l’érosion. Il contribue à la croissance des plantes et les aide à développer un bon système racinaire.

Un peu de temps et l’équipement habituel du jardinier suffisent à pratiquer le compostage domestique:

Ø Une poubelle ou un seau pour sélectionner les déchets de cuisine ou autres déchets organiques ;

Ø Une fourche pour brasser le compost ;

Ø Une brouette pour transporter les déchets ou le compost ;

Ø Une serpe, une hache, une cisaille ou un sécateur, pour réduire en petits morceaux les branches ou briser les déchets durs,

Ø Un broyeur si la quantité de déchets à traiter le justifie ;

Ø Un grillage fixé sur un cadre pour tamiser le compost mûr.

La transformation des matières organiques se fait naturellement. Pour produire un bon compost, il est nécessaire de respecter trois règles simples :

Ø Mélanger les différentes catégories de déchets (verts et secs)

Ø Aérer les matières

Ø Surveiller l'humidité

Les déchets de la cuisine :

Epluchures, coquilles d’œufs, marc de café, filtres en papier, pain, laitages, croûtes de fromages, fanes de légumes, fruits et légumes abîmés, etc. Aucun broyage préalable n'est nécessaire. Les coquillages et les coquilles d’œufs ne se décomposent pas. Mais leur usure apporte des éléments minéraux tandis que leur structure facilite l’aération.

Les déchets de maison :

Mouchoirs en papier et essuie-tout, cendres de bois, sciure et copeaux de bois, papier journal déchiré au préalable, cartons non imprimés comme les boîtes à oeufs, les cartons ondulés ou les cartons des rouleaux du papier toilette. Pas de papiers colorés qui contiennent des métaux lourds. Plantes d’intérieur, etc.

Les restes de culture et les mauvaises herbes :

Comme les feuilles, les mauvaises herbes, non montées en graines de préférence, doivent être séchées. Leur broyage n'est pas indispensable. En revanche, n'intégrez jamais de chiendent ou du liseron à votre compost. Loin de se décomposer, ils pourraient retrouver de la vigueur et il deviendrait difficile de s'en débarrasser.

Recycler les déchets du jardin

Les fanes et racines de vos légumes. N’incorporez pas les fruits et plantes malades. Votre compost n’étant pas stérilisé, il pourrait transmettre les maladies.

Les graines de certaines plantes (tomates, potirons et quelques mauvaises herbes) se maintiennent en vie lors du compostage et peuvent regermer. Tout comme les pommes de terre, oignons…

Les feuilles mortes :

Avant d'intégrer les feuilles mortes à votre tas de compost, laissez-les sécher puis broyez-les. En effet, posées telles quelles, elles se collent les unes aux autres et forment une couche dense, épaisse et imperméable aux micros organismes qui digèrent le compost.

Les fumiers d'animaux :

Comme celui du cheval, du porc, des bovins mais pas les fumiers issus d'élevages intensifs (ils contiennent des médicaments) les fientes du poulailler…

Recycler les déchets de taille :

Commencez par trier les branchages. Selon vos besoins, les rameaux droits et rigides peuvent être utilisés comme tuteur et les branches bien ramifiées pour soutenir les plantes à port souple. Coupez ou broyez les autres (les déchets de taille se décomposent trop lentement pour être incorporés en l'état).

Etalez les branchages broyés sur le compost. Tassez le tas de compost en montant dessus.

Arrosez légèrement et plusieurs fois d’affilée pour bien imbiber le tas ce compost. Une fois le tas affaissé (1 mois plus tard environ), retournez-le. La maturation d'un compost constitué de déchets de taille peut durer jusqu'à 18-24 mois. Vous pourrez aussi l'utiliser comme matériau à pailler au bout de 6-9 mois.

Inventaire à la « Prévert » d’autres éléments compostables:

Ø Les algues marines doivent être, au préalable, dessalées par l’eau de pluie. Elles sont riches en oligo-éléments. Les aiguilles de conifères fournissent un humus acide. Les restes de poissons, les coquilles de noisettes, de noix, de pistaches, les orties entières avant la floraison, les sachets de thé, les litières animales biodégradables des animaux herbivores, les morceaux de tissus en matières naturelles (laine, coton ),etc.

En été, recouvrez le compost avec de la paille, des branchages broyés ou de la terre pour limiter sa déshydratation.

Votre futur compost est composé de :

Ø Déchets plutôt carbonés : Tailles, branches, paille, écorces, feuilles mortes, sciure, copeaux, herbes sèches, papiers, cartons, etc. Seuls, ils compostent très lentement.

Ø Déchets plutôt azotés : Déchets de cuisine, tontes de gazon, pousses vertes, etc. Ils se dégradent très facilement et ont tendance à pourrir (c'est notamment le cas des tontes de gazon).

Ø Déchets humides : Déchets de cuisine, tontes de gazon, pousses vertes, etc. L’eau qu’ils contiennent est très utile au processus, mais seuls, ils se tassent et s’asphyxient, générant des écoulements de jus et des odeurs désagréables.

Ø Déchets secs : Branches, paille, papiers, sciure, etc. Seuls, ils ne peuvent pas composter.

Ø Déchets grossiers : Tailles et déchets fibreux broyés. L'enchevêtrement de ces matériaux crée des vides dans lesquels l'air peut circuler, ce qui facilite l'aération. Cependant, s'ils sont trop nombreux, ils risquent d'entraîner un dessèchement trop rapide des déchets en compostage.

Ø Déchets fins : Déchets de cuisine, sciure, tontes de gazon, etc. Ils se tassent facilement, empêchant le passage de l'air.

On ne peut donc pas faire un vrai compostage avec une seule de ces catégories. Pour qu’il soit bon, il faut mélanger des catégories opposées:

1. Les carbonés avec les azotés ;

2. Les humides avec les secs ;

3. Les grossiers avec les fins.

Pour réaliser ces mélanges, vous pouvez soit brasser les déchets dès le départ, soit les disposer en couches minces alternées si c'est possible.

Le compost doit être humide (comme une éponge pressée) mais sans excès. Trop d’humidité empêche l’aération, ce qui a pour conséquence de freiner le processus de compostage et de dégager des odeurs désagréables. Pas assez d’humidité : les déchets deviennent secs, les micro-organismes meurent et le processus s’arrête. Il est facile d’arroser quand le compost est trop sec. L’assécher quand il est trop humide est un peu plus difficile. On pourra l’étaler quelques heures au soleil ou le mélanger avec du compost sec ou de la terre sèche.

Le processus de compostage individuel peut prendre de deux mois à deux ans selon les déchets utilisés et l’effort fourni.

Comment savoir si votre compost est mûr?

Un compost mûr se caractérise par un aspect homogène, une couleur sombre, une agréable odeur de terre de forêt et une structure grumeleuse qui s’émiette. Sa texture est fine et friable. Dans un compost mûr, vous n’arrivez plus à identifier les déchets de départ, à l’exception des déchets qui ne se décomposent pas (coquillages et coquilles d’œuf entre autres) ou difficilement (trognons de chou, morceaux de bois, etc.). Vous pourrez alors faire suivre à ces déchets récalcitrants un nouveau cycle de compostage. En cas de doute, vous pouvez tester votre compost, en semant des graines de cresson dans des petits pots remplis de compost. Il ne germera pas ou mal, si le compost n’est pas mûr.

Attention ! Il est souhaitable de préparer un terreau en mélange avec de la terre du jardin et votre compost. En effet, il faut éviter de semer ou de planter directement dans du compost pur. La majorité des plantes ne le supportent pas et meurent « d’over dose. »

Le compost s’utilise dans votre potager de différentes façons :

  1. A l’automne ou en fin d’hiver      en surface, avec un léger griffage pour l’incorporer à la terre;
  2. Au printemps, entre les      rangs de légumes, avant de pailler par-dessus;
  3. Toute l’année, dans les trous      de plantation en recouvrant de fines couches de terre, afin que les      graines ne soient pas en contact direct, mais que les racines en se      développant, trouvent des nutriments du compost.

Les plantes à forts besoins peuvent supporter de 3 à 5 kg/m2/an. Il s’agit des artichauts, du céleri et du poireau, des cucurbitacées (concombres, cornichons, courges, courgettes, melons…), des solanacées (aubergines, poivrons, pommes de terre, tomates…) ainsi que du maïs ;

Les plantes aux besoins moyens peuvent se contenter de 1 à 3 kg/m2/an de compost. Il s’agit des légumes tels que les asperges, les betteraves, les carottes, les épinards, les haricots, la laitue, le persil ou les petits pois ;

Les plantes à faibles besoins peuvent se passer d’apports de compost. C’est le cas de l’ail, des échalotes et des oignons, des choux, de la mâche et du cresson, des endives, des fèves, des navets et des radis, ainsi que des plantes aromatiques.

Utilisation du compost en jardinière. Pour la création de nouvelles jardinières, un bon mélange est constitué d’un tiers de compost, un tiers de terre et un tiers de sable. Si vous réutilisez des jardinières de l’année précédente, vous rajouterez 20 % maximum de compost à la quantité de l’ancienne terre. Vous pouvez aussi l’utiliser pour vos plantes d’intérieur de la même façon.

Posté par C_H_A_T à 07:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires sur L’éco citoyenneté commence dans notre jardin.

Nouveau commentaire